J’ai la chance, pendant mon stage dans le Finistère, de pouvoir visiter cette magnifique région de la Bretagne. Dès que je le peux, j’accompagne le préfet ou je sors la fin de semaine. La dernière balade que j’ai faite ce dimanche avait une petite touche bien particulière.
Tout le monde au Québec, probablement même les jeunes générations, connaît le célèbre discours du Général de Gaulle où il avait affirmé, « Vive le Québec libre! ». Ce discours avait été prononcé à l’occasion de la visite de Gaulle pour l’Expo 67. Il a été marquant dans l’histoire du Québec parce qu’en pleine Révolution tranquille, un des leaders les plus en vue dans le monde avait dit aux Québécois qu’ils existaient. Il faut d’ailleurs écouter le discours intégral pour en comprendre la teneur : si « Vive le Québec libre! » en était l’apogée, la trame de fond était clairement un hommage aux Québécois. D’ailleurs, si cet hommage est probablement un peu exagéré, il en reste pas moins, notamment écouté aujourd’hui, pas trop loin de la vérité…
Toujours est-il que ce « Vive le Québec libre! » était loin d’être fortuit. De Gaulle avait muri son geste et toute sa visite avait été planifiée de façon à la rendre spectaculaire. Ce que moins de gens savent, c’est que le général de Gaulle est arrivé à Québec. Il s’était ensuite dirigé jusqu’à Montréal en passant par le Chemin du Roy, c’est-à-dire la 138. Il avait prononcé quelques discours dans certaines municipalités. Tout au long de son chemin, il avait été accueilli en héros par les milliers de Québécois massés le long de la route. C’est pour cette raison que De Gaulle avait dit à Montréal que l’atmosphère durant le court voyage ressemblait à celle de la Libération. On peut le voir sur ces photos.
Les photos que vous voyez ici ont été prises à Saint-Anne-de-la-Pérade.
Afin de maximiser l’effet de sa visite, De Gaulle avait choisi d’arriver à Québec, sans passer par Ottawa. De cette manière, il montrerait quel était le vrai but de sa visite. Cependant, comme les règles informelles de la diplomatie le prescrivent, si De Gaulle était arrivé en avion, il n’aurait pas eu le choix atterrir à Ottawa. Donc, pour arriver à Québec sans passer par Ottawa, il n’a pas eu le choix d’y venir par bateau! C’est ainsi qu’en 1967, il a embarqué dans le croiseur de la Marine nationale française, Le Colbert pour faire la traversée de l’Atlantique. Embarqué le 15 juillet à Brest, il arriva à Québec le 23 juillet, après avoir fait un détour par Saint-Pierre-et-Miquelon, bout de France à proximité de Terre-Neuve. Dans ce résumé très complet disponible en archives sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel, on voit très bien l’arrivée en navire (et le reste de la visite).
Quel peut être le rapport de la visite De Gaulle avec ma balade du dimanche?
Lors de cette balade, je suis allé visiter la commune de Landévennec, non loin de Quimper. Outre une jolie commune littorale et les ruines d’une très ancienne abbaye, cette commune est le lieu de ce que l’on appelle dans cette région le « Cimetière marin de Landévennec ». Comme son nom l’indique, il s’agit du dernier lieu de repos des navires de la Marine nationale, avant leur destruction. Or, il se trouve que depuis 2007, le croiseur Le Colbert, navire utilisé par de Gaulle en 1967 attend sa fin, qui est prévue dans quelques mois.
Du haut de la falaise de l’anse, la vue est superbe et le cimetière a plutôt l’air d’un stationnement à bateaux. Mais du bas, l’endroit est quelque peu sinistre, en ce sens que l’on sent que tout est mort… Qu’à cela ne tienne, je n’ai pu m’empêcher de penser que le plus gros navire entreposé dans ce cimetière a été celui qui a amené De Gaulle chez nous, 43 ans plus tôt, pour une visite qui allait donner un coup de pouce à la confiance des Québécois…
Sources : Wikipédia, Radio-Canada, INA et autres sites internet pertinents.
Rétrolien sur le vrai blogue: ici.










Quelle belle relique ce serait pour le Vieux port de Montréal, tout près de l’Hôtel de ville. Il suffirait de quelques millions, et d’enlever un peu d’amiante…
Ouais, ça pourrait être difficile étant donné qu’il n’a plus de moteur…